"La Chaleur" : après "L'Inconnu de la Grande Arche", Stéphane Demoustier scrute l'adolescence en surchauffe dans l'atmosphère étouffante d'un été caniculaire
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"La Chaleur" : après "L'Inconnu de la Grande Arche", Stéphane Demoustier scrute l'adolescence en surchauffe dans l'atmosphère étouffante d'un été caniculaire

5 juillet 2026
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"La Chaleur" : après "L'Inconnu de la Grande Arche", Stéphane Demoustier scrute l'adolescence en surchauffe dans l'atmosphère étouffante d'un été caniculaire

Le réalisateur démontre avec ce nouveau long-métrage stylisé sa capacité à renouveler sans cesse son...

Le réalisateur démontre avec ce nouveau long-métrage stylisé sa capacité à renouveler sans cesse son cinéma.

France Télévisions - Rédaction Culture

Publié le 05/07/2026 17:51

Temps de lecture : 3min

Hadrien Hussein dans le film "La Chaleur" de Stéphane Demoustier, en salles le 8 juillet 2026. (PETIT FILM)

Hadrien Hussein dans le film "La Chaleur" de Stéphane Demoustier, en salles le 8 juillet 2026. (PETIT FILM)

Après avoir raconté l'épopée de la construction de la Grande Arche dans L'Inconnu de la Grande Arche_,_ Stéphane Demoustier signe l'adaptation du premier roman de Victor Jestin – il avait alors 25 ans – publié aux éditions Flammarion et récompensé par le prix Femina des lycéens en 2019. Le film sort dans les salles mercredi 8 juillet.

Marouane (Hadrien Hussein), 17 ans, passe ses vacances en famille dans un camping sur la côte landaise. Piscine, bains de mer dans les vagues déchaînées de l'océan, fêtes et rapprochements des corps sont au programme de la jeunesse du camping. Marouane traîne avec Noé (Tristan Richard), un garçon ne cochant pas les cases propices aux rencontres faciles, mais bien décidé à "baiser".

Marouane, lui, semble indifférent au monde qui l'entoure. Un soir, alors que l'alcool coule à flot au bord de la piscine du camping, Marouane échange quelques mots avec Oscar, un garçon "populaire" de la bande… Le lendemain, Oscar a disparu. Marouane est le seul à connaître la vérité. Alors qu'il traîne sa culpabilité sous la chaleur écrasante de l'été, en attendant le départ imminent de la caravane familiale, Marouane se rapproche de Giulia…

Stéphane Demoustier avait déjà dans La Fille au bracelet scruté l'adolescence dans un contexte frappé par la mort, avec un film de procès. Cette fois, il observe dans un cadre estival cette période de la vie, tissée par les incertitudes, pleine de confusion, pouvant mener à des conduites que les protagonistes eux-mêmes seraient bien en mal d'expliquer. Marouane, le plus souvent mutique, aime la musique classique mais n'oserait jamais le dire. Il se démarque des garçons et des filles qui l'entourent, offrant une forme de résistance passive aux injonctions qui s'imposent aux "mâles" de cet âge : exhiber ses pectoraux, danser, sauter dans les vagues, tacler ses rivaux, tenter des rapprochements avec le sexe opposé, bref jouer les parades amoureuses. Il en éprouve une forme de mélancolie, mais ne se force pas.

Cette injonction au bonheur est au cœur du film, qui s'ouvre sur une très belle scène dans laquelle les adolescents courent vers l'eau, et se jettent dans les vagues. "Telle qu'elle est filmée, la séquence mêle un certain lyrisme à une forme de brutalité. Chaque individu est exhorté à suivre le groupe. Et à courir au-devant de vagues qui sont inhospitalières, brutales, arbitraires. Comme l'existence", explique le réalisateur.

La chaleur écrasante de cette interminable journée est mise en scène par Stéphane Demoustier avec une lumière saturée, des gros plans sur les corps et les visages, les peaux rougies, humides. Cette atmosphère étouffante fait écho à la surchauffe intérieure de Marouane, torturé par le geste inconséquent qu'il a commis pendant la nuit, et troublé par ses sentiments où s'emmêlent la culpabilité, la peur d'être démasqué, et le désir qu'il éprouve pour Giulia. Les ralentis, le travail sur le son, traduisent cet état de torpeur, de léthargie, de quasi sidération dont semble être saisi Marouane. Une torpeur qui finit aussi par nous gagner.

Le réalisateur de Borgo_,_ (2024) démontre avec ce nouveau long-métrage sa capacité à renouveler son œuvre cinématographique. Avec sa mise en scène et ses dialogues naturalistes, le film évoque cette fois le cinéma de Rohmer, la gravité en plus. La beauté du film tient aussi beaucoup à la présence monolithique d'Hadrien Hussein – visage et corps verrouillés – qui contraste avec le feu de son regard, qu'il dissimule derrière une masse de cheveux en bouclier. Il joue un très beau duo avec Tristan Richard, qui incarne avec une grande justesse Noé, un garçon jouant l'archétype masculin pour mieux camoufler son secret qu'il laisse échapper quelques instants dans une des scènes les plus émouvantes du film.

Affiche du film "La Chaleur" de Stéphane Demoustier, en salles le 8 juillet 2026. (MEMENTO DISTIBUTION)

Affiche du film "La Chaleur" de Stéphane Demoustier, en salles le 8 juillet 2026. (MEMENTO DISTIBUTION)

Genre : Drame

Réalisation : Stéphane Demoustier

Avec : Hadrien Hussein, Tristan Richard, Martina La Manna

Pays : France, Italie, Belgique

Durée : 1h32

Sortie : 8 juillet 2026

Distributeur : Memento

Synopsis : Il fait anormalement chaud sur les plages des Landes et Marouane, 17 ans, passe sa dernière journée au camping avec une angoisse : le corps qu'il a enseveli la veille sur la plage va-t-il apparaître au grand jour ? Marouane se demande par ailleurs s'il n'est pas en train de tomber amoureux de la charmante Giulia.

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