"La Maison des femmes" : un film choral où se rencontrent les victimes de violences sexuelles et celles qui les réparent
"La Maison des femmes" : un film choral où se rencontrent les victimes de violences sexuelles et celles qui les réparent
Ce premier long métrage de Mélisa Godet est inspiré de la première maison de soin et d'accompagnement des femmes victimes de violences sexuelles. France Télévisions - Rédaction...
Ce premier long métrage de Mélisa Godet est inspiré de la première maison de soin et d'accompagnement des femmes victimes de violences sexuelles.
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié le 01/03/2026 14:10
Temps de lecture : 5min
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La Maison de Femmes, de Mélisa Godet avec au casting Karin Viard, Laetitia Dosch, Eye Haidara,Juliette Armanet, (UNE FILLE PRODUCTIONS/PATHÉ FILMS/ CHAPTER 2 PRODUCTIONS/FRANCE 2 CINÉMA)
"Si un mec passe sous un camion, on ne va pas attendre de lui qu’il marche tout de suite comme avant. Alors pourquoi, quand on est victime de viol, on nous demande toujours pourquoi ça ne va pas ?", se questionne une jeune fille. La caméra se centre sur son visage, glisse sur ses mains qu’elle serre. Dans un groupe de parole, entourée d’autres femmes, elle parle de violences qu’elle a subies. La parole est libérée, les termes sont être crus. Elle est écoutée.
La Maison des femmes, réalisé par Maéva Godet, en salles le 4 mars, plonge instantanément son spectateur dans cet espace quasi sacré où la parole des victimes parvient à circuler sans entrave. Un lieu hors du commun, qui existe réellement : la Maison des Femmes a été créée en 2016 par la gynécologue Ghada Hatem-Gantzer à Saint-Denis, dans le but d’y accompagner les femmes victimes de violences.
En 2019, à Saint-Denis, accolé au centre hospitalier de la ville, la Maison des femmes est gérée d’une main de maître par sa fondatrice, Diane, gynécologue-obstétricienne (Karin Viard). Entourée d’une équipe de soignants — de soignantes surtout —, de psychologues, psychiatres, médiateurs sociaux et artistiques, elle accueille dans ce centre des dizaines de femmes chaque jour.
Victimes de violences sexuelles, conjugales, femmes exilées ou excisées, ses équipes tentent de les accompagner vers une reconstruction physique et psychologique. Mais alors que le projet se lance et s’installe, ses financements, eux, deviennent de plus en plus menacés. L’équipe de soins tente alors de sauver ce projet, alors unique en France.
Mélisa Godet a fait le choix d’un film choral, à l’image de ce lieu de soin qui fonctionne en pluridisciplinarité avec, en son centre, ses patientes. Elle s’appuie sur un panel d’actrices (et d’acteurs) qui brillent par leurs interprétations pleines d’humanité. Un casting à grande majorité féminin, à l'image des métiers du soin - encore largement occupés par des femmes - et des victimes de violences sexuelles - à grande majorité des femmes -. Selon l'Ined, 14,5 % des femmes ont subi au cours de leur vie au moins une violence sexuelle, contre 3,9 % des hommes.
Le film s'installe dans la Maison des femmes. Côté pile, c'est son équipe de soignantes. Les échanges cinglants, pleins d’un humour féministe fort, jonglent habilement entre la gravité des situations abordées et le besoin de relâcher la pression, que ce soit celle des soignants, des patientes ou du spectateur. "Je vais vous faire un clitoris de compétition", cingle Diane alors qu’elle s’apprête à opérer une patiente excisée lorsqu’elle était jeune.
Côté face, ce sont les patientes et leurs récits, durs, parfois à peine supportables, et pourtant profondément réalistes. Elles offrent toutes une performance troublante de réalisme et de sensibilité. Lorsque les patientes se livrent, Mélisa Godet met en pause sa réalisation haletante, ses plans courts et hachés, semblables au rythme d’un service hospitalier, et les laisse s’exprimer en longs plans-séquence.
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A La Maison des femmes, les soins passent aussi par des activités sportives, artistiques ou de bien-être dans une approche globale de la prise en charge. (UNE FILLE PRODUCTIONS/PATHÉ FILMS /CHAPTER 2 PRODUCTIONS/ FRANCE 2 CINÉMA)
Sans jamais montrer les violences qu’elles subissent, Mélisa Godet parvient à parler frontalement des agressions sexistes et sexuelles sans jamais tomber dans le voyeurisme de la violence. "Pour qu’elles puissent tout nous dire, il faut qu’on ait l’air de pouvoir tout entendre", explique Awa, assistante de soin, incarnée par l’explosive Eye Haïdara (Le Sens de la fête) à une jeune interne (Oulaya Amamra, Animale, Divines) .
Pour son premier long métrage, Mélisa Godet livre un film plein d’énergie et d’espoir, avec en son centre des humains qui se démènent pour aider à la guérison, et une réalité omniprésente : le soin des femmes est avant tout un choix politique, celui d’y allouer du temps, de l’énergie et de l’argent.
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"La Maison des femmes" de Mélisa Godet, le 4 mars 2026 en salles (UNE FILLE PRODUCTIONS/PATHÉ FILMS /CHAPTER 2 PRODUCTIONS/ FRANCE 2 CINÉMA)
Genre : Drame
Réalisation : Mélisa Godet
Avec : Karin Viard, Laetitia Dosch, Eye Haïdara
Pays : France
Durée : 1h50Sortie : 4 mars 2026**
Distributeur :** Pathé Films
Synopsis : À la Maison des femmes, entre soin, écoute et solidarité, une équipe se bat chaque jour pour accompagner les femmes victimes de violences dans leur reconstruction. Dans ce lieu unique, Diane, Manon, Inès, Awa et leurs collègues accueillent, soutiennent, redonnent confiance. Ensemble, avec leurs forces, leurs fragilités, leurs convictions et une énergie inépuisable.
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