L'équipe de France vise plus loin
L'équipe de France vise plus loin
L'équipe de France de vitesse, boostée par les récents records de France de Capucine Viglione et Jérôme Morel, veut confirmer à Laval pour les Championnats d'Europe à domicile (28-30 août). Et enfin commencer...
L'équipe de France de vitesse, boostée par les récents records de France de Capucine Viglione et Jérôme Morel, veut confirmer à Laval pour les Championnats d'Europe à domicile (28-30 août). Et enfin commencer à vraiment titiller la crème mondiale.
La dernière Française sacrée championne d'Europe de vitesse s'appelle Anouck Jaubert. Un triomphe scellé il y a 11 ans, au coeur d'une autre ère de l'escalade tant la discipline a explosé ces dernières années sur ce mur vertical de 15 mètres dompté désormais en moins de 5 secondes pour les plus rapides. Si la meilleure grimpeuse bleue de l'histoire a raccroché les chaussons après les JO 2021, elle sera bien à Laval, sweat « France » sur le dos, au sein du staff tricolore à l'attaque de son plus grand rendez-vous de la saison : les Championnats d'Europe à la maison.
En Mayenne ce samedi, le jeune groupe tricolore avance bien moins favori qu'en bloc il y a un mois à Barcelone (or d'Oriane Bertone, argent de Zélia Avezou et bronze de Samuel Richard) mais avec « le couteau entre les dents », dixit Capucine Viglione. La leader des Bleus, détentrice du record de France depuis 2023, s'est hissée pour la première fois de sa carrière sur un podium en Coupe du monde en juillet, à Chamonix (3e).
« C'est un énorme soulagement, car ça faisait un moment que je l'attendais, sourit la grimpeuse de 23 ans. J'espère qu'il y en aura plein d'autres qui vont suivre mais le plus gros objectif de la saison, c'est quand même Laval, donc je suis vite revenue à la réalité. Ce n'est pas la finalité d'avoir gagné une seule médaille. » Mais une preuve par le chrono de sa progression rapide : 6''36 à Chamonix, soit un dixième de moins que son précédent record trois mois plus tôt (6''46).
Jérôme Morel, détenteur du record de France
« L'objectif vu avec mes coachs dès le début de saison, c'est chercher sous 4''85. J'espère le faire à Laval »
Lors du même événement devant le public français, Jérôme Morel (21 ans) vivait sa première finale internationale (8e). « Ça redynamise un peu l'équipe, apprécie Viglione. J'espère que ça va nous servir. Pour l'instant, les Français, on n'est pas au niveau où on aimerait être. »
Depuis les retraites de Bassa Mawem et Anouck Jaubert (deux fois vainqueurs du classement général de la Coupe du monde chacun entre 2017 et 2019), l'équipe de France de vitesse peine à batailler assidûment pour les podiums internationaux. Mais petit à petit, le clan tricolore grignote des dixièmes de secondes. La preuve : Jérôme Morel est devenu le premier Français à passer sous la barre symbolique des 5 secondes en mars (4''99). Une fierté pour l'actuel détenteur du record de France (4''93), qui sort d'une solide carrière sur le circuit jeune (champion d'Europe et du monde en 2024). « L'objectif vu avec mes coachs dès le début de saison, c'est chercher sous 4''85. J'espère le faire à Laval », projette celui qui termine cet été sa licence professionnelle en entrepreneuriat sur Grenoble avant de se consacrer entièrement à l'escalade dans l'optique des Jeux de Los Angeles 2028.
Comment les grimpeurs français utilisent la technologie pour améliorer leurs performances en vitesse
Des chronos qui se peaufinent notamment au pôle France de Voiron et sa structure de haut niveau installée en mars 2024 (avec murs couverts) où s'entraînent régulièrement Viglione et Morel. « J'aime beaucoup grimper avec Capucine : si l'un performe, ça donne envie à l'autre de faire mieux, résume Morel. Au sein de l'équipe de France au global, la concurrence augmente vraiment. On est plusieurs grimpeurs en dessous de 5''10 (comme Guillaume Moro, médaillé de bronze européen en 2022). On est en train de tous se tirer vers le haut. »
Capucine Viglione
« Le niveau s'est densifié énormément cette année, surtout chez les femmes »
Capucine Viglione est aussi allée chercher de l'émulation à l'entraînement auprès de ses concurrentes - et amies - en allant en stage en Italie ou en Pologne au fil de l'année. « En France, on sent qu'on a bien progressé, on réduit l'écart avec les meilleures, ça se voit dans les chronos, mais il ne faut surtout pas louper le wagon, rappelle la Française. Le niveau s'est densifié énormément cette année, surtout chez les femmes. » Les records du monde représentent encore une marche supplémentaire (4''54 chez les hommes, 5''99 chez les femmes). « On n'y est pas encore, souligne Morel. Mais au sein du top niveau mondial, ça n'augmente plus aussi vite qu'il y a quelques années donc on se rapproche, c'est motivant. »
« La tendance et la progression des Français me font dire que c'est accessible, affirme Paul Marty, entraîneur de l'équipe de France. Il va falloir aller chercher de la régularité. Mais ils s'en rapprochent et je suis assez satisfait de la trajectoire. » Et la perspective des JO de Los Angeles en 2028 booste logiquement tout un groupe. « On travaille sur du long terme, rappelle Marty. Ces Championnat d'Europe, c'est aussi une étape pour la suite. »
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L'Équipe - Dorine Besson
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