Oscars 2026 : "Une bataille après l'autre" grand gagnant devant "Sinners", le phénomène "KPop Demon Hunters", un trophée pour la France... Ce qu'il faut retenir du palmarès de la 98e cérémonie
Oscars 2026 : "Une bataille après l'autre" grand gagnant devant "Sinners", le phénomène "KPop Demon Hunters", un trophée pour la France... Ce qu'il faut retenir du palmarès de la 98e cérémonie
"Une bataille après l'autre", thriller loufoque sur les dérives extrémistes des Etats-Unis, a triomphé aux Oscars dimanche avec six trophées, dont celui du meilleur film, et ainsi remporté son duel face à "Sinners", honoré par quatre prix.
"Une bataille après l'autre", thriller loufoque sur les dérives extrémistes des Etats-Unis, a triomphé aux Oscars dimanche avec six trophées, dont celui du meilleur film, et ainsi remporté son duel face à "Sinners", honoré par quatre prix.
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France Télévisions - Rédaction Culture
Publié le 16/03/2026 07:03 Mis à jour le 16/03/2026 08:53
Temps de lecture : 12min
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L'équipe d'"Une bataille après l'autre" autour du réalisateur Thomas Anderson, reçoit le prix du meilleur film lors de la cérémonie des Oscars, le dimanche 15 mars 2026, au Dolby Theatre de Los Angeles. (Chris Pizzello/AP/SIPA / SIPA)
Une bataille après l'autre, qui épingle les dérives extrémistes des Etats-Unis a triomphé aux Oscars avec six trophées dans la nuit du dimanche 15 au lundi 16 mars, lors de la 98e cérémonie des Oscars.
Juste derrière, alors qu'il partait favori avec un record de 16 nominations, Sinners, la fable horrifique de Ryan Coogler pour traiter d'une question existentielle pour les Afro-Américains, repart avec cinq Oscars, dont celui du meilleur scénario original et du meilleur acteur pour Michael B. Jordan. Ce dernier coiffe au poteau Timothée Chalamet, longtemps favori pour son rôle dans Marty Supreme. Deux Oscars ont été remportés par le phénomène Netflix KPop Demon Hunters. La France rentre avec l'Oscar du meilleur court-métrage, décerné à Deux personnes échangeant de la salive. Franceinfo vous résume cette 98e cérémonie des Oscars.
Paul Thomas Anderson remporte la bataille
Une bataille après l'autre, thriller loufoque sur les dérives extrémistes des Etats-Unis, a triomphé aux Oscars dimanche avec six trophées, dont celui du meilleur film, et du meilleur réalisateur, de la meilleure adaptation, du meilleur montage, du meilleur second rôle masculin (Sean Penn) et du meilleur casting.
"J'ai écrit ce film pour mes enfants, afin de leur demander pardon pour le bazar que nous leur léguons dans ce monde, mais aussi pour les encourager à devenir la génération qui, je l'espère, nous apportera un peu de bon sens et de décence", a expliqué Paul Thomas Anderson.
"Vous faites travailler dur un homme pour un de ces prix", a plaisanté le cinéaste de 55 ans, qui n'avait jamais gagné malgré ses multiples nominations - notamment pour Magnolia, There Will Be Blood et Licorice Pizza. Parmi sa moisson, Une bataille après l'autre repart également avec l'Oscar de la meilleure directrice de casting, nouvelle catégorie introduite cette année.
Une bataille après l'autre a également offert à Sean Penn l'Oscar du meilleur second rôle. Le comédien incarne le méchant caricatural du film, un militaire suprémaciste blanc ultra-rigide qui ne recule devant rien pour traquer un ex-révolutionnaire d'extrême gauche maladroit incarné par Leonardo DiCaprio et sa fille métisse (Chase Infiniti). Fidèle à sa réputation de rebelle d'Hollywood, l'Américain de 65 ans n'était pas présent pour accepter son troisième Oscar.
Une deuxième place pour "Sinners", pourtant grand favori
Sinners est né du désir de Ryan Coogler d'en savoir plus sur un grand-oncle originaire du Mississippi qui lui avait fait découvrir le blues. Michael B. Jordan incarne simultanément Smoke et Stack, jumeaux mafieux, vétérans de la Première Guerre mondiale qui rentrent chez eux dans le sud des Etats-Unis. Ils veulent ouvrir un bar, mais leurs rêves se heurtent aux fantômes de l'esclavage, à la suprématie blanche et à des vampires blancs, métaphore de l'exploitation des Noirs.
Ode à l'identité noire où la mélancolie du blues conjure des vampires suceurs de culture pour raconter les blessures de la ségrégation, Sinners, même s'il s'est fait devancer par Une bataille après l'autre, repart avec quatre Oscars, dont notamment celui du meilleur acteur pour Michael B. Jordan.
L'acteur, brillant dans un double rôle de jumeaux mafieux se rebellant contre les démons et le racisme, entre ainsi dans le cercle très fermé des comédiens noirs à avoir remporté le prix ultime. "Je suis ici grâce aux gens qui m'ont précédé, Sidney Poitier, Denzel Washington, Halle Berry, Jamie Foxx, Forest Whitaker, Will Smith", a remercié l'Américain de 39 ans.
Le film a également remporté l'Oscar du meilleur scénario original pour Ryan Coogler, de la meilleure musique pour Ludwig Goransson et de la meilleure photographie pour Autumn Durald Arkapaw, prix pour la première fois décerné à une femme.
Le phénomène Netflix "KPop Demon Hunters" sacré meilleur film d'animation
Les dessins animés français Arco et Amélie et la métaphysique des tubes n'ont rien pu faire face au phénomène Netflix KPop Demon Hunters, film le plus vu de l'histoire de la plateforme, récompensé par l'Oscar du meilleur film d'animation. Le film a également raflé pour Golden, l'hymne envoûtant du film prônant l'émancipation et l'épanouissement personnel, le prix de la meilleure chanson originale.
Co-produit par Sony Pictures, le film est sorti en juin 2025 sur Netflix et a rapidement affolé tous les compteurs, devenant un véritable phénomène mondial. "Je suis vraiment désolée qu'il ait fallu autant de temps pour qu'on puisse voir un film comme celui-ci, mais il est enfin là, ce qui signifie que les générations futures n'auront plus à l'attendre. Ceci est pour la Corée, et les Coréens", a déclaré la co-réalisatrice du film Maggie Kang, en recevant la statuette dorée.
Le film suit HUNTR/X, un groupe de K-pop dont les trois chanteuses sont aussi des chasseuses de démons qui protègent secrètement la Terre. Grâce à la musique et à l'énergie de leurs fans, Rumi, Mira et Zoey alimentent une barrière magique chargée d'emprisonner les âmes maléfiques dans un univers séparé et ainsi protéger l'humanité.
Le film s'inspire du chamanisme, une tradition qui consiste à faire appel à des intermédiaires pour communiquer avec le monde des esprits et de la nature. Il combine plusieurs éléments de la culture sud-coréenne en intégrant des références à la mode, à la gastronomie et au folklore du pays. Après ce premier succès, Netflix a annoncé cette semaine une suite à KPop Demon Hunters.
Rien pour "Marty suprême", Chalamet chahuté
Timothée Chalamet, longtemps favori pour son incarnation d'un joueur de ping-pong à l'ambition insatiable dans Marty Supreme, s'est effondré et a fini par servir de "running gag" de la soirée.
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Timothée Chalamet à son arrivée à la 98e cérémonie des Oscars dimanche 15 mars 2026, au Dolby Theatre in Los Angeles. (Jordan Strauss/AP/SIPA / SIPA)
Le maître de cérémonie Conan O'Brien l'a taquiné en présentant un tambour modelé sur son postérieur, clin d'œil à la fessée qu'il reçoit dans le film.
Il a également imaginé des "craintes quant à d'éventuelles attaques émanant à la fois du monde de l'opéra et de celui du ballet". Une référence aux récents que le cinéma.
Jessie Buckley meilleure actrice pour son rôle dans "Hamnet"
Comme prévu, l'actrice irlandaise Jessie Buckley a remporté l'Oscar de la meilleure actrice, pour sa prestation magistrale dans Hamnet, tragédie inspirée par la vie de William Shakespeare. Elle y incarne Agnes, l'épouse du dramaturge anglais, dévastée par la mort de leur fils. Jessie Buckley s'engage à corps perdu dans ce magnifique personnage de femme puissante, intelligente et indépendante.
Amy Madigan a quant à elle été élue meilleur second rôle féminin, pour sa terrifiante sorcière du film d'horreur Evanouis.
"Valeur Sentimentale", meilleur film étranger
Dans la catégorie très relevée du meilleur film international, c'est le film norvégien Valeur Sentimentale, coproduit par la France, une émouvante chronique des retrouvailles crispées entre un père cinéaste revenant de nulle part et ses deux filles ayant appris à vivre sans lui, qui l'a emporté.
Le long-métrage de Joachim Trier a notamment battu la Palme d'or cannoise, Un simple accident, du dissident iranien Jafar Panahi, Palme d'or à Cannes en 2025, qui représentait la France.
La plastique de "Frankenstein saluée par trois Oscars
La soirée a aussi été marquée par le sacre technique du Frankenstein de Guillermo del Toro, récompensé par trois Oscars pour ses costumes, son maquillage, et sa conception visuelle.
Guillermo del Toro avait 7 ans quand il a découvert la célèbre adaptation du roman de Mary Shelley par James Whale, sortie en 1931, avec Boris Karloff, le plus illustre des monstres de Frankenstein. "J'ai été élevé (dans la religion) catholique et je n'ai jamais bien compris ce qu'étaient les saints. Mais quand j'ai vu Boris Karloff à l'écran, j'ai compris à quoi ressemblait un saint ou un messie", avait expliqué le réalisateur
La France ne rentre pas bredouille
Le cinéma hexagonal repart avec l'Oscar du meilleur court-métrage, décerné à Deux personnes échangeant de la salive, d’Alexandre Singh et Natalie Musteata, ex aequo avec le film américain Les chanteurs de Sam Davies - un fait rarissime qui n'est arrivé que sept fois en presque un siècle.
Une cérémonie consensuelle
Cette très longue 98e cérémonie (3h40) se déroulant dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient déclenchée par Donald Trump, a adopté un ton plutôt consensuel avec peu d'allusions politiques, hormis le "non à la guerre, libérez la Palestine", lancé par Javier Bardem sur scène et l'Oscar du meilleur documentaire, remis à Mr. Nobody against Putin.
L'émotion était néanmoins au rendez-vous avec les nombreux hommages rendus aux morts de l’année, notamment celui de Barbra Streisand à Robert Redford.
Palmarès complet de la 98e cérémonie des Oscars
- Meilleur film :
Une bataille après l'autre
- Meilleur réalisateur :
Paul Thomas Anderson, Une bataille après l'autre
- Meilleure actrice :
Jessie Buckley, Hamnet
- Meilleur acteur :
Michael B. Jordan, Sinners
- Meilleure actrice dans un second rôle :
Amy Madigan, Evanouis
- Meilleur acteur dans un second rôle :
Sean Penn, Une bataille après l'autre
- Meilleur film international :
Valeur Sentimentale (Norvège)
- Meilleur film d'animation :
Kpop Demon Hunters
- Meilleur documentaire :
Mr. Nobody against Putin de Pavel Talankin
- Meilleure photo :
Autumn Durald Arkapaw pour Sinners de Ryan Coogler
- Meilleurs costumes :
Kate Hawley pour Frankenstein de Guillermo del Toro
- Meilleur montage :
Andy Jurgensen pour Une bataille après l'autre de Paul Thomas Anderson
- Meilleurs maquillages et coiffures :
Mike Hill, Jordan Samuel et Cliona Furey pour Frankenstein de Guillermo del Toro
- Meilleur son :
Gareth John, Al Nelson, Gwendolyn Yates Whittle, Gary A. Rizzo et Juan Peralta pour F1, le film de Joseph Kosinski
- Meilleurs effets visuels :
Joe Letteri, Richard Baneham, Eric Saindon et Daniel Barrett pour Avatar : de feu et de cendres de James Cameron
- Meilleure adaptation :
Paul Thomas Anderson pour Une bataille après l’autre
- Meilleur casting :
Cassandra Kulunkundis pour Une bataille après l’autre
- Meilleur scénario original :
Ryan Coogler pour Sinners
- Meilleure musique originale :
Ludwig Göransson pour Sinners de Ryan Coogler
- Meilleure chanson :
Golden dans Kpop Demon Hunters
- Meilleurs décors :
Tamara Deverell et Shane Vieau pour Frankenstein de Guillermo del Toro
- Meilleur court métrage :
Ex-aequo : Les chanteurs de Sam Davies (Etats-Unis) et Deux personnes échangeant de la salive d’Alexandre Singh et Natalie Musteata (France) (Mycanal)
- Meilleur court d'animation :
La jeune fille qui pleurait des perles de Chris Lavis et Maciek Szczerbowski (Canada)
- Meilleur court documentaire :
Toutes les chambres vides de Joshua Seftel (Etats-Unis)
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