Philippe Béziat, réalisateur : "Ma façon d'être musicien, c'est de faire des films sur la musique"
Culture

Philippe Béziat, réalisateur : "Ma façon d'être musicien, c'est de faire des films sur la musique"

20 avril 2026
4 min de lecture
13 vues

Philippe Béziat, réalisateur : "Ma façon d'être musicien, c'est de faire des films sur la musique"

Dans "Nous l'Orchestre", Philippe Béziat invite le spectateur à une expérience inédite au cœur de l'Orchestre de Paris installé à la Philharmonie. Au centre de ce film, une question aussi naïve que centrale : comment jouer ensemble ?

Dans "Nous l'Orchestre", Philippe Béziat invite le spectateur à une expérience inédite au cœur de l'Orchestre de Paris installé à la Philharmonie. Au centre de ce film, une question aussi naïve que centrale : comment jouer ensemble ?

73% des Français déclarent que la musique tient une place importante dans leur vie, les raisons avancées sont le plaisir d'abord, la détente et la sérénité, et enfin, l'émotion. Un sondage et des réponses réjouissants ; si nous sommes collectivement à la recherche de la sérénité et de l'émotion, il y a de l'espoir. Le collectif et la beauté sont au cœur de Nous l'Orchestre, un film de Philippe Béziat qui a posé sa caméra et une centaine de micros au milieu de l'orchestre de la Philharmonie de Paris.

Le chef Klaus Mäkelä, directeur musical de l'Orchestre de Paris dans "Nous l'Orchestre" de Philippe Béziat

Le chef Klaus Mäkelä, directeur musical de l'Orchestre de Paris dans "Nous l'Orchestre" de Philippe Béziat - ©Pyramide Distribution

L'orchestre en son cœur

Le travail de réalisateur de Philippe Béziat a toujours été lié à la musique, à l'opéra ; il a réalisé des captations de spectacles, a fait des documentaires dans lesquels répétitions et concerts se mêlaient, il a soulevé l'envers du décor pour l'œil curieux du spectateur, "ma façon d'être musicien, c'est de faire des films sur la musique. Je considère ma façon de voir le cinéma comme un art éminemment musical, même si on ne parle pas de musique, articuler des séquences, des sons, des images selon l'axe du temps, ça ressemble beaucoup à composer une partition. Je considère qu'un cinéaste est un compositeur, ce sont des métiers très proches".

Cette fois, c'est sur l'Orchestre de Paris installé à la Philharmonie depuis 2015 que le réalisateur a jeté son dévolu, "c'est un sujet beaucoup plus difficile à aborder qu'une production d'opéra qui est un chantier limité dans le temps, avec une œuvre, un livret, une architecture dramaturgique qui se présente d'elle-même. Là, c'était très différent, car l'orchestre change de programme toutes les semaines, c'est un mouvement et un recommencement perpétuel : changement de chef, de partenaire, de places dans l'orchestre... C'est beaucoup plus continu et quotidien, c'était plus difficile, mais il y avait un défi".

S'accorder

En posant ses caméras dans cette jungle orchestrale, Philippe Béziat filme une réelle micro-société que le chef Klaus Mäkelä résume en ces termes, "L'orchestre est une société basée sur l'autorité et le collectif" ; de fait, l'orchestre est un révélateur de paradoxes, "c'est assez fascinant, la question se pose d'articuler autorité et collectif, car il faut une autorité, il faut un minimum de hiérarchie et en même temps, aujourd'hui, on n'accepte plus cette autorité comme on l'acceptait autrefois".

Dirigée par le chef, la centaine d'individualités doit s'accorder pour se mettre au service de la musique, et l'écoute est la clé pour atteindre le sublime, "il y a cette chose qui va faire qu'à un moment donné, tout le monde va être emporté, et en même temps, toutes les relations sociales et humaines sont au cœur. (...) On manipule des bouts de laiton, des bouts de bambou, des choses extrêmement concrètes et en plus, on est obligé de jouer avec la personne avec qui on travaille depuis 40 ans, donc tout cela est extrêmement prosaïque et le but, à la fin, c'est de produire du sublime, que quelque chose nous dépasse complètement. Et se mettre collectivement au service de quelque chose qui nous dépasse, c'est un sujet un peu universel".

Plus d'infos & d'actualités :

  • Nous l'Orchestre en salles le 22 avril, réalisé et scénarisé par Philippe Béziat avec l'Orchestre de la Philharmonie de Paris et Klaus Mäkelä à la direction musicale
  • Le film a reçu le Prix du meilleur documentaire musical au festival Fipadoc 2026 et le Prix du public aux Oeillades 2025

Extraits sonores :

  • Bande-annonce de Nous l'Orchestre de Philippe Béziat
  • La chef d’orchestre Nathalie Stutzmann dans les Midis en septembre 2024 sur France Culture à propos de cet aspect “psychologique” de la direction de l’orchestre, reflet de la société
  • Morceau de fin : L'Oiseau de feu de Stravinsky, interprété par l'Orchestre de la Philharmonie de Paris, dirigé par Klaus Mäkelä
Article Source

Cet article a été extrait et enrichi depuis sa source originale pour vous offrir une information complète et de qualité.

Lire l'article original

Articles similaires