"Seule la vie" : la comédienne autrichienne Valerie Pachner incarne avec maestria une femme en lutte contre le chagrin
"Seule la vie" : la comédienne autrichienne Valerie Pachner incarne avec maestria une femme en lutte contre le chagrin
Comment braver une douleur insoutenable, qui vous ronge de part et d'autre ? C'est l'expérience de l'écrivaine autrichienne Barbara Pachl-Eberhart dont l'autobiographie a inspiré le film "Seule la vie" de son compatriote Adrian Goiginger.
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France Télévisions - Rédaction Culture
Publié le 08/07/2026 06:00
Temps de lecture : 4min
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L'actrice Valerie Pachner incarne Barbara dans "Seule la vie" réalisé par Adrien Goiginger. (PYRAMIDE FILMS)
Comment braver une douleur insoutenable, qui vous ronge de part et d'autre ? C'est l'expérience de l'écrivaine autrichienne Barbara Pachl-Eberhart dont l'autobiographie a inspiré le film "Seule la vie" de son compatriote Adrian Goiginger.
Le titre original de Seule la vie en allemand est Vier minus drei, soit 4 moins 3 en français. Ces deux titres du film d'Adrian Goiginger, qui sort en salles mercredi 8 juillet, résument l'histoire de son héroïne Barbara : une jeune femme qui perd son mari et ses deux enfants suite à un accident de la route.
Seule la vie est l'adaptation du roman autobiographique de Barbara Pachl-Eberhart publié en 2010. C'est l'actrice autrichienne Valerie Pachner (Une vie cachée, Egon Schiele, Notre histoire - Chroniques du Caire) qui l'incarne à l'écran. La sensibilité et la justesse de la comédienne font de ce film une expérience cinématographique unique sur le plan émotionnel.
Le long-métrage est une pudique plongée dans les tréfonds de la douleur et de toutes les parades pour garder la tête hors de l'eau. Le réalisateur autrichien Adrian Goiginger relate les mille et une manières dont Barbara fait son deuil et le rôle que son métier de clown va jouer dans ce processus. La jeune femme essaie d'abord de faire bonne figure. Elle décide de partager ce qu'elle ressent en publiant une lettre où elle raconte son histoire et son souhait de continuer à honorer la vie en dépit de tout. Aux obsèques de ces chers disparus, Barbara invite ses collègues clowns à célébrer leur vie.
Dans la même optique, elle tente de reprendre son métier de clown à l'hôpital, mais on ne lui en laissera pas le loisir. Son interlocuteur lui fait clairement comprendre qu'elle ne fait plus rire personne et que sa seule présence rime avec douleur. Cette scène est un crève-cœur comme beaucoup d'autres dans Seule la vie. Barbara avait pourtant convoqué Heidi, son personnage de clown, pour lui venir en aide. Mais son charmant accent suisse allemand et sa bouche en cœur ne parviennent pas à faire tomber le mur qui se dresse devant elle. Le paradoxe entre la joie, que procure habituellement le clown, et la douleur du deuil constitue un ressort sur lequel s'appuie Seule la vie.
Ainsi livrée à elle-même, Barbara doit faire face à une lancinante solitude. Sa maison remplie des bruits des échanges matinaux de toute la famille est devenue un désert. À ce moment du film, on se souvient de la scène d'ouverture où une famille joyeuse s'apprête, on ne le sait pas encore, à affronter la journée la plus sombre de son existence. Pour tromper cette solitude qui la mine, Barbara plonge donc dans ses souvenirs. Et, si elle le pouvait, elle rejoindrait ses petits dans l'écran qui projette leurs adorables frimousses. On prend ici la mesure de la justesse du jeu de Valérie Pachner : elle nous montre une Barbara qui tente de rentrer dans l'écran, réalise l'impossibilité de ce qu'elle fait, puis essaie de se reprendre pour enfin se laisser aller à son geste. Car c'est la seule consolation dont elle dispose à cet instant.
Les souvenirs, c'est tout ce qu'il reste de la vie d'avant. La narration de Goiginger est construite sur ses allers-retours entre passé et présent. La jeune femme y retrouve, par exemple, ses enfants quand ils sont nés ou encore Heli, interprété par le génial Robert Stadlober. C'est ce dernier qui a transmis à Barbara sa passion pour l'art d'être clown à la jeune comédienne qu'elle était à l'époque. Heli, son cher époux qui rêvait de devenir un vieux clown, car dans leur regard, disait-il, "il y a toute la vie"...
La question de la comédie, et plus largement de l'incarnation, joue un rôle central dans Seule la vie. Elle est évoquée quand Barbara, comédienne de formation devenue clown par hasard, trouve dans son alter ego Heidi une échappatoire. Ou encore quand elle croise le chemin d'un autre comédien, Friedrich, interprété par Hanno Koffler. Leurs échanges, qui produisent des scènes émotionnellement explosives, renvoient à de profondes interrogations : peut-on redonner vie à nos morts, au propre comme au figuré, pour justement combler le vide laissé ?
Seule la vie s'avère être aussi une jolie fenêtre sur le métier de clown qui pourrait susciter des vocations. À ce titre, la comédienne Valerie Pachner livre une remarquable double performance. Elle est à la fois Barbara de Seule la vie et la clown Heidi, alter ego fantasque de son personnage qui peut tout se permettre. Au son du titre Old Dan Tucker, la chanson préférée de la famille souvent jouée dans son camion jaune, Seule la vie est un film sur ce chagrin qui submerge sans crier gare et qui se libère parfois comme un ballon de clown. Le film d'Adrian Goiginger est une expérience riche en émotions, sobrement véhiculées par Valerie Pachner et ses sublimes compagnons de jeu. Seule la vie est à voir absolument.
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Affiche du film "Seule la vie". (PYRAMIDE FILMS)
Genre : Drame
Réalisation : Adrian Goiginger
Avec : Valerie Pachner, Robert Stadlober, Stefanie Reinsperger, Hanno Koffler
Pays : Allemagne, Autriche
Durée : 2h01
Sortie : 8 juillet 2026
Distributeur : Pyramide Films
Synopsis : Barbara et Heli sont amoureux et heureux. Clowns professionnels, ils savent rire de tout et mènent une vie joyeuse avec leurs deux enfants. Quand un accident emporte Héli et les enfants, Barbara doit trouver un nouveau chemin. Portée par les souvenirs qu'elle chérit, elle prouve que l'amour ne meurt jamais et qu'il faut toujours oser embrasser la vie.
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