TEMOIGNAGES. "Dégoûté", "coup de marteau", "incompréhensible"... Les supporters sous le choc après l'élimination de l'équipe de France contre l'Espagne
TEMOIGNAGES. "Dégoûté", "coup de marteau", "incompréhensible"... Les supporters sous le choc après l'élimination de l'équipe de France contre l'Espagne
Radio France Publié le 15/07/2026 08:14 Mis à jour le 15/07/2026 09:00 Temps de lecture :...
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Publié le 15/07/2026 08:14 Mis à jour le 15/07/2026 09:00
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Les supporters français devant la demi-finale de la coupe du monde perdue face à l'Espagne, à Paris, le 14 juillet 2026. (MARTIN LELIEVRE / AFP)
Les Bleus ont échoué à se qualifier pour une troisième finale de mondial de foot d'affilée, mardi, face à la "Roja" au grand dam de leur fans.
C'est donc ainsi que se termine l’aventure des Bleus dans la Coupe du monde 2026. L'équipe de France a été éliminée 2-0 par l’Espagne, en demi-finale, mardi 14 juillet. Les millions de supporters français ne verront pas de troisième finale mondiale consécutive avec la France. Leur maquillage bleu blanc rouge est parti dans la nuit, avec les espoirs d'une troisième étoile sur le maillot. Récit d'une soirée cauchemardesque avec ceux qui ont regardé le match à Paris.
En début de rencontre, dans un bar de la capitale, les supporters sont très détendus, à l'image de Vincent, Lara et Georges dont les pronostics sont ambitieux : "Moi, je vois bien un petit 2 ou 3-0 pour l'équipe de France", "et moi, 3-2 pour la France". Pourquoi douter, avec une jolie contre-attaque dès le début du match et la première grosse occasion pour Kylian Mbappé dans le premier quart d'heure ? "C'est là où on va faire mal sur les contres, on va faire très très mal", croit savoir un supporter.
Mais quatre minutes plus tard, c'est le premier coup de massue. "Il n'y a pas péno, ce n'est pas possible !", "Il est derrière lui, il ne le voit pas arriver !", réagit-on. Mais le pénalty est transformé par l'Espagne : "Ca pique, la pause fraîcheur, elle va réorganiser"... "et pour nous aussi, la pause fraîcheur, elle va nous faire du bien !" Mais le doute s'est immiscé chez les supporters comme chez le sélectionneur des Bleus. "DD, il est tracassé et en même temps, on est tous tracassé, on subit le match, on n'est pas du tout proactif, ce n'est pas normal".
À la mi-temps, les mots se font plus rares et les regards deviennent inquiets. "Les Espagnols gagnent clairement le milieu de terrain", commente un supporter, "il faut un changement, il faut que ça bouge", supplie une autre. L'histoire est alors invoquée pour croire au renversement : "98, la demi-finale de Coupe du monde contre la Croatie. Doublé de Lilian Thuram."
Juste avant l'heure de jeu, le deuxième but espagnol plonge le bar dans un silence stupéfait. Même s'il y en a toujours pour garder espoir avec quelques "Allez les bleus !" et tenter d'être rationnel : "Je dis qu'on a assez de temps pour en mettre 3, regarde l'Argentine [qui a marqué trois buts en fin de match pour remporter son huitième de finale 3-2 face à l'Égypte]". Mais le dernier quart d'heure est un calvaire.
Les stars offensives tricolores, Dembelé, Mbappé et Olisé, sont parfaitement muselées par une Roja impressionnante de maîtrise. Cinq minutes avant la fin du temps réglementaire, les amis se lèvent. "Franchement, j'ai le seum", "j'avais déjà mon plan pour dimanche [jour de la finale], j'étais prête à faire la fête", "je suis archi dégoûté honnêtement". "Ils ont mieux joué que nous ce soir, malheureusement. Mais bon, au moins les Bleus nous ont fait vibrer", essaye de sauver un supporter.
Au coup de sifflet final, à la fan zone de la Villette, au nord-est de Paris, les supporters français, beaux joueurs, admettent la supériorité espagnole. Après de timides applaudissements, il n'aura fallu que cinq grosses minutes pour que les quelque 600 supporters tricolores n'évacuent les lieux, sonnés, comme Mathilde : "Je suis K.O, je vais aller dormir. Chaque minute qui passait, c'était un peu un coup de marteau dans mon cœur."
"Ça fait très mal, rebondit Ulysse, mais quelque part aussi, on peut se dire que le football a gagné ce soir." Pour le supporter, vêtu d'un maillot de l'équipe de France 92, époque où Didier Deschamps était encore joueur, la victoire espagnole ne souffre d'aucune discussion : "Parce qu'ils étaient largement meilleurs. Ils ont dominé sur le jeu au plan tactique, mental. Ils nous ont laissé aucune chance et c'est l'équipe qui propose le plus beau football, il faut le dire, je ne peux qu'être derrière l'Espagne."
Le cœur de Louis balancera, lui, pour une autre équipe, sans trop de conviction : "__. Honnêtement, je pense qu'ils iront au bout et qu'aucune des deux autres équipes, l'Angleterre et l'Argentine, ne peut les battre", avance-t-il, avant de reprendre à son compte les propos du sélectionneur espagnol, Luis De La Fuente :
Ces Bleus fades, dominés, qui ont montré un visage jusque-là jamais vu, ont également dégoûté les centaines de supporters et supportrices amassés en terrasse dans le centre de la capitale où les restaurants et bars étaient bondés et les trottoirs noirs de monde. À l'issue de la rencontre, un sentiment de "tout ça pour ça" domine. La déception est à l'image de la terrasse vidée en quelques minutes seulement après le coup de sifflet final, les télés rentrées à l'intérieur, les drapeaux français décrochés et Alexandre encore sonné : "Moi, vraiment, ce que je retiens, c'est que je ne comprends pas ce qu'il s'est passé en fait." Avec son ami Paul, ils sont les seuls encore attablés entre deux montagnes de chaises.
"Je ne comprends pas, reprend Alexandre, on n’a rien proposé. Je n'arrive pas à saisir comment on n'a pas eu une occasion dans le match. Je suis dégoûté, c'est incompréhensible." "En fait, je pense qu'il y avait beaucoup d'attentes aussi. Et sur les derniers matchs, on voyait la France très belle et à juste titre. Mais même en se méfiant un peu de l'Espagne, on attendait mieux et forcément on déchante. Tout le monde est très, très déçu parce qu'on espérait plus."
Même dégoût pour Yannis et Thibaut, maillot des bleus sur le dos : "Ils n’ont pas été au rendez-vous du tout, de la cohésion d'équipe, franchement, il n’y avait rien qui allait." "Là, on n’a surtout pas du tout vu notre équipe, ils n’ont pas réussi à aligner trois passes. On n'a pas vu le leader qu'était Mbappé dans les autres matchs, on n'a rien vu du tout, une France méconnaissable."
Malgré tout, Yannis ne met pas tout à la poubelle : "Est-ce qu'on peut leur en vouloir ? Je ne sais pas. Ils nous ont fait une belle Coupe du monde quand même, c'est ce qu'on va retenir." Et il n'est pas le seul à nourrir l'espoir que les Bleus retrouvent leur jeu et soient au rendez-vous pour aller décrocher la troisième place dans cette Coupe du monde. La petite finale se joue samedi contre le perdant de l'autre demi-finale qui oppose l'Angleterre et l'Argentine mercredi.
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