"Yellow Letters" : après "La salle des profs", İlker Çatak décortique les effets de la dictature sur un couple d'artistes turcs
Culture

"Yellow Letters" : après "La salle des profs", İlker Çatak décortique les effets de la dictature sur un couple d'artistes turcs

29 mars 2026
5 min de lecture
9 vues

"Yellow Letters" : après "La salle des profs", İlker Çatak décortique les effets de la dictature sur un couple d'artistes turcs

France Télévisions - Rédaction Culture Publié le 29/03/2026 14:14 Temps de lecture :...

France Télévisions - Rédaction Culture

Publié le 29/03/2026 14:14

Temps de lecture : 6min

![Özgü Namal et Tansu Biçer dans "Yellow Letters", de İlker Çatak, sortie le 1er avril 2026. (HAUT ET COURT)](https://www.franceinfo.fr/pictures/bpv_nBF18kipmnRcx7G3e51OPlU/227x274:1020x1067/100x100/filters:format(jpg)/2026/03/25/yellow-letters-2-69c3d1f6142fe704929621.jpeg)

Özgü Namal et Tansu Biçer dans "Yellow Letters", de İlker Çatak, sortie le 1er avril 2026. (HAUT ET COURT)

Le nouveau film du réalisateur allemand est inspiré par la vague de purges orchestrée par le régime d'Erdogan entre 2016 et 2019.

Après La salle des profs (2024), un huis clos dans un collège allemand perturbé par une série de vols, le réalisateur allemand İlker Çatak raconte dans son nouveau long-métrage le destin d'une poignée d'artistes de théâtre et professeurs, mis au ban de la société turque parce que considérés comme trop engagés aux yeux du pouvoir. Ours d'or de la 76e édition de la Berlinale, Yellow Letters sort dans les salles le 1er avril.

Aziz, professeur d'art dramatique à l'université d'Ankara, reçoit, comme plusieurs de ses collègues, une lettre jaune. La lettre lui annonce qu'il est révoqué, pour avoir interrompu son cours et incité ses élèves à aller manifester. Quelques jours plus tard, Derya, sa femme comédienne au théâtre national d'Ankara, reçoit une lettre de la même couleur. Privé de revenu, le couple est contraint de quitter Ankara pour s'installer avec leur fille adolescente chez la mère d'Aziz à Istanbul.

Tandis qu'Aziz fait le taxi, Derya, qui a pourtant perdu sa place au théâtre national à cause de ses prises de position engagées, finit par se laisser convaincre de jouer dans une série produite pas une chaîne de télévision proche du pouvoir qui les a mis au ban de la société. Dans le couple, la tension monte…

Comment vivre dans un pays qui vous interdit d'exercer votre métier, qui vous interdit de penser, ou de vous exprimer ? Avec ce nouveau film, le réalisateur Illker Catak décortique les effets de la dictature sur un couple d'artistes, épris de liberté. Le film montre la manière dont l'étau se resserre autour des individus, professeurs, artistes, que le pouvoir tente de museler par des mesures coercitives, et arbitraires.

Le film est inspiré par une , période durant laquelle et traduits en justice pour avoir signé une pétition pour la paix. Les purges se sont intensifiées, visant tous les secteurs de la société, après la tentative de coup d’État à l’été 2016.

Le réalisateur a choisi de s'intéresser aux artistes, aux comédiens, contraint de se conformer aux injonctions du pouvoir. "J’ai trouvé cela fascinant de le mettre en perspective avec les récits d’artistes qui, après avoir été licenciés, ont soudain été contraints de jouer un rôle différent, non plus sur scène, mais dans la vie publique", explique le réalisateur dans la présentation de son film. "Mettre en scène la conformité : aller à la mosquée, s’intégrer dans la communauté, participer à la rupture du jeûne, supprimer ses publications sur les réseaux sociaux..."

Le film aborde sa question à travers l'histoire d'un couple, scrutant la manière dont chacun encaisse, navigue, résiste, plie. La caméra saisit les changements qui s'opèrent dans cette relation, embarcation fragile bousculée par une lame de fond.

Özgü Namal et Tansu Biçer dans "Yellow Letters", de  İlker Çatak, sortie le 1er avril 2026. (HAUT ET COURT)

Özgü Namal et Tansu Biçer dans "Yellow Letters", de İlker Çatak, sortie le 1er avril 2026. (HAUT ET COURT)

"Je voulais raconter une histoire autour de ces questions dans le cadre des dynamiques familiales, parce que je crois que cela nous concerne tous. Et je pense que ces interrogations ne feront que devenir plus urgentes dans les années à venir, que l’on vive en Turquie, dans l’UE ou aux États-Unis." Au milieu de ce couple, une adolescente, leur fille, porte sur ce spectacle un regard assassin, sans illusions.

L'action se déroule en Turquie, et met en scène des acteurs turcs (un casting puissant) mais le film a été tourné en Allemagne, Berlin dans le rôle d'Ankara Hambourg dans celui d'Istanbul. Cette projection géographique élargit le champ des perspectives, faisant d'autant plus fortement résonner l'histoire de ces lettres jaunes, et leurs conséquences, avec l'actualité internationale. _"Trump a intensifié sa campagne contre les universités, et le débat sur Israël et la Palestine a montré à quelle vitesse, même ici, les artistes et les universitaires doivent surveiller leurs propos. Soudain, '_Yellow Letters' n'était plus une histoire qui se déroulait uniquement là-bas".

Dans une mise en scène brillante, volontairement théâtrale, İlker Çatak met à jour les mécanismes insidieux de la dictature, qui viennent empoisonner la société, et les individus, jusque dans les sphères les plus intimes.

Affiche du film "Yellow Letters", de İlker Çatak, sortie le 1er avril 2026. (HAUT ET COURT)

Affiche du film "Yellow Letters", de İlker Çatak, sortie le 1er avril 2026. (HAUT ET COURT)

Genre : Drame
Titre original : "Sarı Zarflar"
Réalisation : İlker Çatak
Avec : Özgü Namal, Tansu Biçer, Leyla Smyrna Cabas
Pays : Allemagne, France, Turquie
Durée :  2h 08minSortie :  1er avril 2026Distributeur : Haut et Court**
Synopsis** : Professeur à la faculté d’Ankara, Aziz reçoit la « lettre jaune » qui lui signifie arbitrairement sa révocation. Quand sa femme Derya, célèbre comédienne au théâtre national, la reçoit à son tour, c’est le coup de grâce pour le couple. L’un et l’autre, condamnés pour leurs idées, sont obligés de se réfugier à Istanbul chez la mère d’Aziz. Le compromis entre cette précarité nouvelle et leur engagement politique va mettre leur mariage à l’épreuve.

Article Source

Cet article a été extrait et enrichi depuis sa source originale pour vous offrir une information complète et de qualité.

Lire l'article original

Articles similaires