« Comme un caprice d’enfants »… Les lycéens ne se sentent pas pris au sérieux
ActualitésÉdition France

« Comme un caprice d’enfants »… Les lycéens ne se sentent pas pris au sérieux

✓NEWSLY Rédaction
4 min de lecture
0 lectures
Partager :WhatsAppX / TwitterFacebookLinkedIn

Camille AllainPublié le 13/10/2026 à 19h58 • Mis à jour le 13/10/2026 à 19h58L'essentielDe très nombreux lycées français restent bloqués par des manifestants réclamant davantage de moyens pour leurs...

Camille Allain

Publié le 13/10/2026 à 19h58 • Mis à jour le 13/10/2026 à 19h58

L'essentiel

  • De très nombreux lycées français restent bloqués par des manifestants réclamant davantage de moyens pour leurs établissements.
  • Après près de trois semaines de mobilisation, de nombreux lycéens ont l’impression de ne pas être pris au sérieux par le gouvernement.
  • Le mouvement de contestation, spontané, est pourtant né de véritables revendications auxquelles l’État n’a toujours pas répondu.

«On ne fait pas ça pour sécher les cours, je peux vous l’assurer. Avec les blocages, on se lève encore plus tôt et on rentre souvent plus tard. Et en plus, on doit rattraper nos cours le soir. Ce serait plus facile d’aller en cours. » Romy est en terminale au lycée Descartes, dans les quartiers sud de Rennes. Ce mardi matin, elle était mobilisée très tôt pour participer au blocage de l’établissement, avant de rejoindre la manifestation organisée dans le centre-ville. Déterminée, la lycéenne se dit aussi « fatiguée » par ces semaines de mobilisation. Car elle, comme beaucoup d’autres, a l’impression de ne pas être entendue. « Macron, il est président. Il n’a pas pris la parole une seule fois pour s’adresser à nous. J’ai l’impression qu’on ne nous prend pas au sérieux », regrette l’adolescente.

Debout à ses côtés, Fanny est aussi désabusée. « Le gouvernement a présenté quelques propositions comme pour nous calmer. Allez, on leur donne 3.000 profs remplaçants et ils seront contents. Mais ce n’est pas ça qu’on attend. Ils n’écoutent pas nos revendications. » Comme elles, Jeanne affiche sa colère de ne pas être entendue. « On nous regarde comme des enfants qui font un caprice. Mais si on passe autant de temps sur les blocus, c’est bien parce que nos revendications sont importantes. »

Depuis des semaines, les lycéens réclament davantage d’effectifs de professeurs et de personnel, des emplois du temps moins saturés, des locaux moins dégradés ou encore la suppression de Parcoursup. Ces problèmes structurels sont dénoncés depuis des années, mais leurs demandes criées dans les rues sont jusqu’ici restées sans réponse. « Il y a des gens qui nous écoutent parfois. Mais il y en a surtout plein qui nous prennent de haut parce qu’on n’a que 16 ou 17 ans. Mais moi, j’aurai le droit de vote l’année prochaine. Comme tous les gens dans cette manifestation, j’ai des choses à dire, des revendications », regrette Zoé, inscrite au lycée Chateaubriand à Rennes.

Pancarte dans une main, elle marche au milieu d’environ 10.000 autres personnes, réunies pour les mêmes raisons : améliorer les conditions d’éducation. Un brin usée par les blocus, Zoé garde l’espoir d’être entendue. A ses côtés, son amie Avril partage ce constat amer de ne pas être écoutée. Elle critique notamment les médias, « qui ne montrent que des images de poubelles brûlées » alors que l’écrasante majorité des lycéens manifestent pacifiquement. « Sur les plateaux télé, on ne voit presque que des vieux qui parlent à notre place. »

A Rennes, environ 10.000 personnes, dont de nombreux lycéens et lycéennes, ont défilé ce mardi 13 octobre.

A Rennes, environ 10.000 personnes, dont de nombreux lycéens et lycéennes, ont défilé ce mardi 13 octobre. - C. Allain/20 Minutes

S’ils ont lancé leur mouvement seuls, les lycéens ont rapidement pu compter sur le soutien de plusieurs syndicats mais aussi de leurs enseignants, qui sont nombreux à les encourager à poursuivre le mouvement. « Franchement, mes élèves m’épatent. Ils ont une lucidité que je trouve incroyable et sont déterminés à se faire entendre », témoigne Anne. Cette enseignante du lycée Victor et Hélène Basch rappelle que les lycéens « ne manifestent pas contre quelque chose » mais « pour leur avenir ». « Ils ne cherchent pas à faire abroger une loi, ils veulent juste améliorer leurs conditions de travail. Des choses que, nous les profs, on dénonce depuis des années. Qui pourrait leur en vouloir ? », interroge la professeure.

Notre dossier sur les blocus des lycées

A quelques jours des vacances scolaires, le gouvernement semble clairement jouer la montre, misant sur un essoufflement du mouvement pendant les congés. Les quelque 80.000 contributions laissées sur la plateforme mise en place par l’État semblent plutôt indiquer que la jeunesse française a des choses à dire.

Partager :WhatsAppX / TwitterFacebookLinkedIn
Information sourcée et éditée par NEWSLYSource originale ↗

Sur le même sujet