Dans « Le Point », l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron juge que « la surreprésentation de jeunes issus de l’immigration » dans les violences autour des manifestations était « patente »
20 Minutes avec AFP
Publié le 28/10/2026 à 06h03 • Mis à jour le 28/10/2026 à 06h03
Dans sa course pour tenter de gagner l’Élysée, Édouard Philippe choisit de durcir sa ligne politique. Dans un entretien au Point publié mardi, l’ancien Premier ministre estime que « l’échec de l’intégration » depuis « plusieurs décennies est incontestable », jugeant que « la surreprésentation de jeunes issus de l’immigration » dans les violences autour des manifestations était « patente ».
« Lors des violences du 18 octobre, la surreprésentation de jeunes issus de l’immigration était patente. Selon le mot de Péguy, il faut "voir ce que l’on voit". L’échec de l’intégration dans notre pays depuis plusieurs décennies est incontestable. Ce qui ne minimise en aucun cas certaines superbes réussites d’intégration républicaines ! », déclare le candidat Horizons à l’élection présidentielle.
« Je veux, au cours du prochain quinquennat, diviser l’immigration légale par deux en limitant la délivrance de titres de séjour aux seuls motifs professionnels et aux étudiants, restreindre le regroupement familial, réformer l’instruction de l’asile et durcir le bras de fer avec les pays d’origine, et notamment avec l’Algérie en dénonçant le traité de 1968 », rappelle l’ancien Premier ministre.
Rétablir « un service national obligatoire »
« Mais pour l’intégration, nous devons réinvestir l’école, mieux transmettre les valeurs républicaines et rétablir un service national obligatoire. Enfin, l’intégration est infiniment plus fluide dans un pays prospère. Une société en croissance intègre bien mieux qu’une société figée. C’est l’expansion qui nous sauvera, pas le rabougrissement », ajoute Édouard Philippe.
Face à ces violences, « il faut agir sur quatre axes. D’abord, le refus absolu de l’impunité envers les casseurs. Il faut des peines de prison ultracourtes mais effectives dès la première infraction ainsi que des peines planchers en cas de récidive contre les dépositaires de l’autorité publique », prône le maire du Havre. « C’est aux auteurs des exactions de rembourser les dégâts qu’ils causent. L’État doit procéder à des prélèvements sur les salaires ou les prestations sociales pour indemniser les victimes ».
Le candidat Horizons souhaite aussi « renforcer nos outils préventifs à l’égard de ceux qui veulent profiter des manifestations pour provoquer des désordres, comme les interdictions administratives de paraître ou les obligations de pointage au commissariat avant les mobilisations » et « associer pleinement les policiers municipaux ».
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« Nous devons réarmer juridiquement l’État face au retour d’une violence d’ultragauche que nous avions peut-être oubliée ces trente dernières années », insiste Édouard Philippe, qui juge par ailleurs « concevable » une « régulation temporaire des réseaux sociaux, encadrée par la loi ».