La manifestation de ce samedi 17 octobre a ébranlé la France. Partout dans le pays, les rassemblements et les violences ont semé le chaos… Retour en images sur une journée d’une extrême intensité
sous haute tension•La manifestation de ce samedi 17 octobre a ébranlé la France. Partout dans le pays, les rassemblements et les violences ont semé le chaos… Retour en images sur une journée d’une extrême intensité
Victoria Berne, Gilles Varela
Publié le 18/10/2026 à 18h57
À Paris, comme dans plusieurs villes de France, de violentes émeutes ont éclaté en marge de la mobilisation de samedi contre la vie chère. Et la liste des dégâts est longue, comme leur coût qui se chiffre en plusieurs centaines de millions d’euros.
À Limoges, l’Hôtel de Ville, datant du XIXe siècle, est « en grande partie perdu » dans les flammes. À Lyon un incendie volontaire a été déclenché au Pavillon de l’Office de tourisme, place Bellecour. À Dijon, trois personnes blessées dont une « à la jambe par un tir de mortier ». À Bordeaux, la résidence préfectorale « saccagée ». À Marseille, des manifestants s’introduisent dans la mairie. Retour en images d’une journée sous haute tension.
Les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont été particulièrement violents. - J. Accorsini/SIPA / SIPA
Quelque 2.000 personnes ont été interpellées dans le cadre des violences et pillages commis en France samedi et jusque dans la nuit, a indiqué, dimanche, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, qui se rendra à Marseille lundi. « À ce stade, plus de 600 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers ont été blessés, pris dans ces scènes de violences », a ajouté le ministre, évoquant un bilan qui « n’est malheureusement que provisoire ».
Une voiture brûle sous l’effet des gaz lacrymogènes et de la fumée sur la place de la République à Paris. - F. Suspensivo/ZUMA/ SIPA / SIPA
A Paris, la statue de la place de la République s’est retrouvée encerclée par les départs d’incendie. Dès la mi-journée, au-dessus de la place, un épais nuage blanchâtre de gaz lacrymogène se mêlait aux fumées noires d’une voiture et d’un camion en feu.
À Clermont-Ferrand, les manifestants protestent contre le manque de moyens. - D. Allignon/ZUMA/ SIPA / SIPA
À Clermont-Ferrand, le bilan est lourd… Magasins vandalisés et civils blessés. La préfecture du Puy-de-Dôme a publié un communiqué au lendemain de la manifestation faisant un état des lieux des dégâts à Clermont-Ferrand. L’événement a rassemblé vers 11 heures « 2.800 personnes qui étaient groupées ». Au centre-ville, « de nombreux incidents ont été recensés au niveau de la place de Jaude et des abords. Le centre-ville a subi de nombreuses violences urbaines avec des dégradations de mobiliers urbains, des tags sur des monuments publics, des dégradations sur la ligne de tramway, des feux de poubelles organisés de manière aléatoire. »
Des étudiants affrontent la police sur la place Bellecour, où la police a utilisé une énorme quantité de gaz lacrymogène et un canon à eau. - J. Nelaj/ZUMA / SIPA / SIPA
Sur la célèbre et centrale place Bellecour à Lyon, des groupes d’individus cagoulés ont ciblé les forces de l’ordre avec des projectiles et des mortiers d’artifice. La police a répliqué au canon à eau, ainsi qu’avec des gaz lacrymogènes et des grenades de désencerclement.
Malheureusement, l’antenne de l’Office de tourisme a été incendiée alors que les pompiers étaient empêchés d’accéder au bâtiment qui a finalement été entièrement détruit par les flammes.
Le toit et le clocher de l’hôtel de ville de Limoges se sont effondrés après que le bâtiment a été englouti par les flammes. - Y. Lerval/SIPA / SIPA
A Limoges, des individus radicaux ont mis le feu à la mairie, un bâtiment historique datant du XIXe siècle, lors des troubles qui ont suivi la manifestation. Le bâtiment est détruit.
La situation s’est aggravée du matin à tard dans la nuit, avec des affrontements et des barricades. - S. Bacci /ZUMA /SIPA / SIPA
La journée de samedi, marquée par une mobilisation sociale massive mais aussi des violences d’une intensité rare, témoigne d’une « cristallisation de colères » aux suites incertaines sans réponse politique rapide, estiment Stéphane Sirot, historien et spécialiste des mouvements sociaux, et Jean-François Amadieu, professeur à l’université Paris-1 Panthéon Sorbonne.
Des émeutiers et des voleurs pillent un restaurant de la rue Albert Thomas, près de la place de la République à Paris, le 17 octobre 2026. - E. N Benleulmi /SIPA / SIPA
Après les violences de samedi, près de 1.000 agents de propreté ont été mobilisés avant l’aube pour nettoyer et remettre en état les rues de la capitale et ont été rejoints « spontanément » par des riverains, indique dimanche la Mairie de Paris.
Un manifestant brandit un drapeau français lors d’une manifestation contre la hausse du coût de la vie, rejoignant les doléances des étudiants, à Lyon. - L. Cipriani/AP / SIPA
Samedi soir, la CGT avait diffusé une première estimation de 500.000 personnes à 17 heures, mais a annoncé en soirée s’aligner désormais sur le chiffre de 800.000 participants retenu par les organisations de jeunesse, dont l’Union étudiante, et un site de gilets jaunes après les « remontées de plusieurs grandes villes, notamment Montpellier, Strasbourg, Lille, Bordeaux, Nantes et Marseille ».
Contre les nombreux départs de feu, les pompiers ont été très mobilisés. - A. Vasiliev/ZUMA/SIPA / SIPA
Partout en France, les incendies ont sévi. En marge des cortèges de la journée de mobilisation nationale, des scènes de chaos et de dégradations ont éclaté dans de nombreuses métropoles.
Pancarte « Big Brother te regarde » Manifestation des Gilets Jaunes Place Masséna, à Nice. - Syspeo/SIPA / SIPA
Emmanuel Macron « s’adressera solennellement aux Français à 20 heures » dimanche, a annoncé l’Élysée, au lendemain des violences et pillages massifs en marge des manifestations du 17 octobre.