Mais au fait, pourquoi on ne croise pas de femmes CRS en manifestation ?
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Mais au fait, pourquoi on ne croise pas de femmes CRS en manifestation ?

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Des voix rauques et portantes, des visages casqués et des allures robotiques. Le 17 octobre, il était presque possible de sentir la testostérone se dégager des rangées de boucliers. Parmi les CRS mobilisés,...

Des voix rauques et portantes, des visages casqués et des allures robotiques. Le 17 octobre, il était presque possible de sentir la testostérone se dégager des rangées de boucliers. Parmi les CRS mobilisés, nous sommes prêts à parier que vous n’avez pas croisé de femmes, ou très peu. C’est normal, en 2024, elles représentaient moins de 5 % des effectifs du corps d’encadrement et d’application affectés en CRS, selon le ministère de l’Intérieur.

Pourtant, dans les faits, la gent féminine est la bienvenue. Enfin… Pas depuis longtemps. « L’arrivée de la première femme affectée en unité de maintien de l’ordre date de 2009 », expliquait Pascale Dubois, directrice des CRS, dans une interview publiée sur le site du ministère. Auparavant, elles intégraient uniquement les compagnies autoroutières. Aujourd’hui les lignes bougent, mais les femmes sont encore confrontées à de nombreuses contraintes liées à leur genre.

Plusieurs facteurs sont responsables de ce manque criant de parité, selon Linda Kebbab, secrétaire nationale du syndicat de police Unité. Le premier concerne la mobilité des CRS. « La société fait encore peser les obligations familiales et conjugales sur les épaules des femmes, regrette la syndicaliste, ce sont donc les premières à sacrifier leur carrière, notamment celles qui exigent de s’absenter du domicile pendant plusieurs semaines. » De fait, dans la police, les femmes occupent majoritairement des postes de policiers adjoints, « une fonction précaire, payée au smic, mais qui ne demande aucune mobilité », explique Linda Kebbab.

Si elles s’affranchissent de cette première contrainte, les femmes sont ensuite confrontées à un milieu « ultramasculin » et à une « culture de la crainte ». « Toutes ne sont pas à l’aise pour évoluer dans un métier composé essentiellement d’hommes », ajoute la représentante syndicale. Pendant longtemps, les cantonnements n’étaient d’ailleurs « pas adaptés pour accueillir les deux genres », retrace-t-elle. C’est seulement « un peu avant le Covid » que les quelques femmes présentes dans la profession ont pu bénéficier de chambres individuelles « avant que tout soit individualisé pendant la pandémie », explique Linda Kebbab.

Des contraintes physiques

Ces dernières années, « la direction centrale des CRS a fait des efforts pour intégrer les femmes en réorganisant les cantonnements où en facilitant le transport de leurs équipements, mesure la policière, mais même lorsqu’elles sont sportives, les femmes ne peuvent pas toujours tenir sur la longueur avec un équipement de 60 kg sur le dos ».

Cette contrainte physique est accentuée par les équipements, peu adaptés au corps féminin. « Quand vous faites un service de 15 heures et que vous êtes un homme, vous urinez dans un coin, mais pour les femmes, c’est la galère, la tenue n’est pas adaptée à la morphologie féminine. » La syndicaliste raconte que plusieurs femmes CRS s’empêchent de boire pour éviter d’avoir une envie pressante, résultat, « beaucoup ont des problèmes de reins ».

Les dernières actus sur les prochaines manifestations

Pour contrer ces inégalités, la police nationale exploite de plus en plus les qualités « intellectuelles, cognitives ou stratégiques » des membres féminins, complète Linda Kebbab : « C’est pour cette raison que l’on retrouve plutôt des femmes dans les commandements. » En 2024, « plus de 300 femmes exerçaient en compagnie de maintien de l’ordre », affirmait Pascale Dubois qui soulignait leur « travail de grande qualité ». Pour atteindre la parité, il faudra encore attendre une bonne paire d’années.

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