Il mesure plus de 260 mètres de long pour 64 de large, et pèse plus de 42.000 tonnes. À son bord, ce mastodonte compte près de 2.000 membres d’équipage. Imposant, le Charles de Gaulle est le navire amiral...
Il mesure plus de 260 mètres de long pour 64 de large, et pèse plus de 42.000 tonnes. À son bord, ce mastodonte compte près de 2.000 membres d’équipage. Imposant, le Charles de Gaulle est le navire amiral emblématique de la marine nationale. Et il est désormais aussi le décor d’une toute nouvelle série mise en ligne ce vendredi sur Prime Video (et diffusé dans plusieurs mois sur M6) : Le Charles.
Ce thriller avec Elodie Yung, Jacques Gamblin, Alban Lenoir ou encore Bruno Sanches, se déroule au cœur de cette ville flottante, bouleversée par la découverte du corps inanimé d’une femme de l’équipage.
Il ne s’agit pas d’une « série militaire » mais plutôt d’un « divertissement grand public » dans un « décor militaire », comme le soulignent ses créateurs, Le Charles offre toutefois une plongée inédite dans cet univers. Et il s’agit de la première fiction tournée sur le porte-avions nucléaire français. Mais comment organise-t-on un tournage sur le Charles de Gaulle ?
Environ deux tiers des scènes de la série ont été tournées en décors réels, sur le porte-avions, mais aussi sur des porte-hélicoptères comme le Mistral. Sur le Charles de Gaulle, le tournage s’est déroulé l’hiver dernier durant une vingtaine de jours, à quai, dans la rade de Toulon, ainsi qu’une douzaine de jours pendant des exercices en mer, entre le Var et la Corse.
De nombreuses scènes de la série montrent des catapultages ou des appontages de Rafale, des séquences filmées lors de véritables qualifications des pilotes de l’équipage. Il en va de même pour les scènes avec des hélicoptères qui n’ont pas été filmées spécialement pour la fiction.
« Nous n’avons fait que de nous adapter à un navire militaire en fonctionnement et en exercice permanent », a ainsi expliqué, lors du Festival de la fiction de La Rochelle en septembre dernier, le producteur Henri Debeurme, coscénariste de la série avec Mathilde Arnaud.
Peut-on tout filmer sur le Charles de Gaulle ?
Plusieurs contraintes ont accompagné ce tournage. Pour l’équipe de la série, il a d’abord fallu s’adapter au fonctionnement quotidien de l’équipage. « Nous ne pouvions pas accéder à certaines zones par moments. Il y avait aussi des endroits où nous n’avions jamais accès. Nous passions notre temps à essayer de prendre des petits créneaux par-ci par-là pour pouvoir ne pas les gêner dans ce qu’ils faisaient, dans un rythme très soutenu et très cadré, tout à fait militaire », raconte le créateur Henri Debeurme.
Il ajoute : « Nous ne savions pas, du jour au lendemain, dans quel endroit exactement nous pourrions tourner et ce que nous pourrions faire. Parfois même au sein de la même journée. Cet exercice était extrêmement délicat, il fallait s’adapter en permanence pour que ça puisse fonctionner ».
Le porte-avions Charles de Gaulle dans la série "Le Charles" sur Prime Video. - Next épisode
De même, certains endroits sensibles du porte-avions n’ont pas pu être filmés, comme des écrans, par exemple, pour des raisons de secret défense. « Tous les décors qui n’étaient pas accessibles, trop compliqués à filmer, ou trop exigus, comme les cabines, la passerelle de navigation, la zone nucléaire… On les a tournés autrement, notamment en studio », précise le créateur et producteur.
La marine nationale a-t-elle eu son mot à dire dans la série ?
Aucun contrôle artistique n’a été imposé par la marine nationale, affirme l’équipe de la série, qui a été en contact avec la Mission cinéma et industries créatives (MCIC) du ministère des Armées ainsi qu’avec le Service d’information et de relations publiques (SIRPA). Certaines séquences ont toutefois été visionnées après le tournage.
« On leur a montré des images, parce qu’on a filmé des choses sensibles parfois, sans faire exprès. On devait donc leur montrer pour être sûr de ne pas mettre en danger la sécurité nationale », précisent les scénaristes.
Par ailleurs, les créateurs de la fiction ont reçu les conseils de la Marine sur certains points, pour leur expliquer des procédures sur un porte-avions ou encore l’usage du bon vocabulaire. « C’est nous qui avons sollicité leur aide de manière technique, dans un souci de réalisme, et ils nous ont ouvert les portes beaucoup plus que ce qu’on aurait pensé », disent-ils.
Enfin, les acteurs ont eux-mêmes été accompagnés dans la préparation de leur rôle. « Avant d’embarquer, j’ai eu accès à plusieurs personnes de l’armée par interview, explique Elodie Yung, qui joue le commandant en second du porte-avions. C’était bien de poser des questions en amont du tournage. Et pour tous, la préparation c’était surtout d’être en immersion ».
« On a eu la chance de passer beaucoup de temps avec les pilotes, de manger avec eux, de les suivre dans les briefs, abonde la comédienne Constance Labbé. On a été naturellement nourri par l’environnement et ils ont aussi pris le temps de nous montrer le cockpit, de nous faire monter, de ressentir. On a également pu faire du simulateur. » Tout cela contribue à conférer de la crédibilité à l’intrigue. Et à faire du Charles une série qui tient la route. Ou plutôt qui fend les flots.