Pour les midterms les démocrates sont prêts à tout, même à faire du Trump
ActualitésÉdition France

Pour les midterms les démocrates sont prêts à tout, même à faire du Trump

✓NEWSLY Rédaction
5 min de lecture
0 lectures
Partager :WhatsAppX / TwitterFacebookLinkedIn

Attaques personnelles, manœuvres électorales et rhétorique populiste… Les démocrates ont durci leurs méthodes pour tenter de remporter les élections de mi-mandat de ce mardi aux Etats-Unis

Apolline RIOU

Publié le 03/11/2026 à 06h02 • Mis à jour le 03/11/2026 à 06h02

L'essentiel

  • Les élections de mi-mandat ont lieu ce mardi, aux États-Unis : 435 sièges à la Chambre des représentants et 35 sièges au Sénat sont en jeu.
  • Pour tenter de déstabiliser leurs adversaires républicains, les démocrates ont multiplié les attaques personnelles et les manoeuvres électorales lors de la campagne.
  • Face à Trump, certains candidats adoptent une rhétorique populiste et des méthodes qui semblent calquées sur celle du président actuel.

Alors que le New York Times qualifiait déjà en septembre les midterms d'« exceptionnellement chaotiques », le quotidien américain a révélé il y a quelques jours une probable « manipulation » de la part de l’équipe de la démocrate Mary Peltola. Cette dernière est accusée d’avoir favorisé la candidature d’un homonyme de Dan Sullivan, son adversaire républicain en Alaska, pour perturber le scrutin en semant la confusion chez les électeurs, espérant détourner des voix du sénateur. Si la candidate nie toute responsabilité, cette possible manœuvre pas très fair-play témoigne d’une campagne démocrate plus féroce qu’auparavant.

435 sièges à la Chambre des représentants et 35 sièges au Sénat sont en jeu. Et certains candidats semblent prêts à tout : agressivité, coups tordus, mensonges, attaques personnelles… « Toutes ces attitudes viennent de l’analyse de leur échec précédent. Ceux qui pensent avoir perdu car ils n’étaient pas assez offensifs, essaient désormais d’emprunter les méthodes populistes de Donald Trump », considère Dominique Simonnet, spécialiste de la vie politique américaine.

C’est ainsi que le sénateur Jon Ossoff, candidat au poste de gouverneur de Géorgie et Graham Platner, candidat déchu aux sénatoriales dans le Maine, ont tous deux associé leurs rivaux républicains au délinquant sexuel Jeffrey Epstein, dans l’idée d’accuser plus largement le Parti républicain de protéger l’élite corrompue. Ossoff a même déclaré que l’administration Trump est composée de « la classe Epstein ». Une méthode discutable, signe d’une « brutalisation de la vie politique », selon Dominique Simonnet, qui voit l’influence de Trump déteindre sur toute une partie la classe dirigeante.

La campagne actuelle a vu aussi émerger des démocrates s’attaquant farouchement à leur propre parti. Ils ont misé sur une rhétorique populiste, diffusant des publicités où ils dénoncent un système politique défaillant. Randy Villegas, candidat en Californie, a déclaré : « Washington est dysfonctionnel parce que les politiciens corrompus des deux partis se soucient davantage de leurs donateurs et des chefs de leur parti que de nous. »

Trump violemment critiqué

Dominique Simonnet y voit une double tactique : « Certains démocrates ont compris que les obsessions identitaires et communautaires des républicains n’étaient pas les principales préoccupations des gens », a contrario « du pouvoir d’achat et de l’emploi ». On constate alors un retour « vers une forme de réalisme économique », associée à une virulente critique de Donald Trump, tenu pour responsable. Selon une analyse de l’Associated Press publiée en octobre, les démocrates et leurs alliés ont dépensé plus de 163 millions de dollars depuis le 1er septembre en publicités télévisées mentionnant le président américain.

Comme le souligne AP News, ils accusent leurs adversaires républicains de prendre parti pour le président plutôt que pour les électeurs, notamment sur des questions comme les droits de douane et la guerre contre l’Iran, qu’ils tiennent pour responsables de la flambée des coûts.

En miroir, les républicains ne sont pas en reste. Dans plusieurs primaires démocrates, des groupes liés à des consultants républicains ont financé des candidats progressistes controversés, dans l’espoir de favoriser des profils jugés plus vulnérables face aux électeurs lors du scrutin final. Au Texas, des publicités générées par intelligence artificielle ont mis en scène le démocrate James Talarico en lui prêtant des propos qu’il n’a pas tenus. Les campagnes américaines relèvent désormais plus de la déstabilisation de l’adversaire que de la nécessité de convaincre les électeurs.

« Ils n’y croient plus »

En jetant le discrédit sur Donald Trump, tout en mettant en lumière les inquiétudes économiques de la population, les démocrates espèrent toutefois faire d'une pierre deux coups en fragilisant leurs adversaires tout en ralliant leur électorat. « Si les partisans MAGA continuent de faire aveuglement confiance au président, il y a aussi des électeurs « errants », qui sont indécis et qui ont pu être séduits par Trump et sa posture d’homme fort qui voulait faire bouger les choses, constate Dominique Simonnet. Mais avec la baisse du pouvoir d’achat, ils n’y croient plus. »

Il rappelle que la société américaine n’est pas « rouge ou bleue » et que de nombreux électeurs restent attachés à des valeurs démocratiques, lassés d’être manipulés. Reste alors à savoir si cette surenchère dans l’agressivité portera ses fruits dans les urnes, ce mardi.

Partager :WhatsAppX / TwitterFacebookLinkedIn
Information sourcée et éditée par NEWSLYSource originale ↗

Sur le même sujet