Le suspect de l’attentat raciste du 23 octobre dans les Yvelines a été brièvement hospitalisé. Kévin T. aurait tenté de se suicider en détention, ont indiqué mardi deux sources proches du dossier à l’AFP,...
Le suspect de l’attentat raciste du 23 octobre dans les Yvelines a été brièvement hospitalisé. Kévin T. aurait tenté de se suicider en détention, ont indiqué mardi deux sources proches du dossier à l’AFP, après des informations de BFMTV et du Parisien.
Cette tentative de suicide « a eu lieu il y a quelques jours, suivie comme habituellement d’une prise en charge par les secours », a précisé l’une de ces sources. « Son pronostic vital n’a pas été engagé, il a pu regagner sa cellule dans la même journée », a-t-elle ajouté. Le détenu a tenté de se pendre, a précisé l’autre source.
« Nous déplorons […] que cette information, qui relève de la plus stricte intimité de notre client, ait été divulguée aussi rapidement », ont commenté ses avocats, Baptiste Bellet et Eliott Amzallag. « Nous souhaitons avant tout que sa détention se déroule dans les meilleures conditions possibles, afin que l’instruction puisse suivre son cours sereinement. Cette tentative de suicide soulève néanmoins des interrogations légitimes quant à son état psychologique, lequel devra faire l’objet d’une évaluation médicale approfondie », ont-ils ajouté.
Le 23 octobre, Kévin T., au volant de sa voiture, a tué un Français de 26 ans d’origine africaine et en a blessé sept autres personnes, dont quatre grièvement, en majorité d’origine africaine et maghrébine, à Trappes et à La Verrière dans les Yvelines. Il a été mis en examen et écroué le 29 octobre, après avoir, selon l’accusation, reconnu avoir ciblé des personnes musulmanes, africaines ou nord-africaines.
Le suspect, chez qui ont notamment été retrouvés des autocollants faits maison louant le parti du Rassemblement national, a été mis en examen pour « assassinat » et « tentatives d’assassinats », « en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l’appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée », avait précisé le Parquet national antiterroriste (Pnat).
Un suspect déjà condamné à quatre reprises
Kévin T., condamné à quatre reprises par le passé, la dernière fois en 2012, a fait état de problèmes psychologiques ainsi que d’une forte consommation de stupéfiants dès ses 13 ans. Les analyses ont d’ailleurs révélé « la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang » au moment de l’attaque ainsi que de molécules « cohérentes avec la prise des médicaments antipsychotiques et antidépresseurs », d’après le Pnat.
Le procureur avait aussi précisé que selon le médecin, « le diagnostic de schizophrénie allégué par Kévin T. était davantage une interprétation de l’intéressé qu’une conclusion médicale ».